vendredi, juillet 31 2009

Tes vanités

Signalétique de chantier, Berlin, juil. 2009

Tes vanités n’ont ni de chair ni de peau
Juste des fast-food en lisière des ghettos
Minorités dopées aux crâneries torrentielles
Avant le shoot final dans la poubelle
Tes vanités tes girouettes tes drapeaux
Le Diable est à nos tables
Tête de mords toi la queue parvenir à tes fins
Et tenter d’en profiter avant de péter les câbles

Repose, cool, petit humain,
Seule la mort sait faire la paix
Ta vie n’est qu’une guerre
Des vanités

Et elles nous tirent leurs chapeaux dans le dos
Fallait pas commencer par tout terminer
Assouvir ton orgueil ta fierté et faire
Feu de tout bois au bûcher des vanités
Le coeur de l’histoire est lourd en ego
Le grelot commun du commun des mortels
Des records,des mirages d’or
La misère ordinaire aux frontières du réel

Repose, cool, petit humain,
Seule la mort sait faire la paix
Ta vie n’est qu’une guerre
Des vanités
Qu’elle repose en paix

Pour de l’amour-propre, combien de mains sales ?
Et s’tailler des costards aux frontières des scandales
Nos vanités creusent à toutes fossettes
Dans le miroir aux alouettes

Mes vanités n’ont ni de chair ni de peau
Juste des Flash-balls pour les enfants de fachos
Couvre toi, couvre moi, couvre le feu
C’est l’hiver en amour, mais putains mais bons Dieux
Mes vanités n’ont ni de chair ni de peau
Mes vanités c’est la terre en sanglots
Au boulevard des allongés
Que ravitaillent les corbeaux

Cool, petit humain
Seule la mort sait faire la paix
Ta vie n’est qu’une guerre
Des vanités
Repose, cool, j’t’aimais pas bien
Mais la mort sait faire la paix
Et ma vie n’est qu’une guerre
Des vanités

Cool, petit humain
Seule la mort sait faire la paix
Ma vie n’est qu’une guerre
Des vanités

Cool,
J’ t’aimais pas bien,
J’ m’aimais pas bien
Ma vie n’est qu’une guerre
Des vanités

mercredi, juillet 29 2009

So fuck you anyway

Machine industrielle, Berlin, juil. 2009

Y’a des matins comme ça où le monde entier semble s’être mis d’accord pour faire chier : il pleut dehors, la dernière dosette de café vient de se répandre au fond du paquet, et le boss a laissé un commentaire sur votre blog (texto : “kikoo mdr”).

Plutôt que d’évacuer votre rage dans un vase ridicule, canalisons cette saine colère et affûtons-nous les nerfs en musique. En plus ça tombe bien, aujourd’hui c’est mercredi. C’est parti pour the angry mob.

Voilà qui devrait vous calmer un peu. Sans quoi vous pouvez toujours la rejouer dans l’autre sens.

vendredi, juillet 24 2009

Another time, another place

Manifestation anti-fasciste, Berlin, juil. 2009

Bright morning lights
Wipe the sleep
From another day’s eye.
Turn away from the wall
And there’s nothing at all.
Being naked and afraid
In the open space of my bed.



I’ll be with you now
I’ll be with you now
I’ll be with you now
We lie on a cloud, we lie.

Just as I am
I awoke with a tear on my tongue
I awoke with a feeling of never before
In my sleep, I discovered the one
But she left with the morning sun.



I’ll be with you now
I’ll be with you now
I’ll be with you now
We lie on a cloud, we lie.

Another time, another place
We lie.
Another time, another place.
We lie.
Another time, another place
We lie.
Your time, your place.

mercredi, juillet 22 2009

And the future goes pop

Budapest vue du Château royal de Buda, jan. 2008

Généralement, quand je propose à mes amis d’aller danser en soirée goth, ils me jettent un petit regard moqueur. Surtout les jours où je porte un t-shirt rose.

Voyant que je suis sérieux, ils se mettent à me scruter sous tous les angles ; je deviens une espèce d’extra-terrestre qui cache forcément des cicatrices, un collier à clous et des traces de rimmel sous les yeux.

Les plus courageux finissent par esquiver mon invitation avec un “désolé j’ai pas de fringues noires” (and my ass tastes like chicken, right?), quand les autres prétextent que vraiment, c’est pas leur truc.

Personne, en revanche, ne me demande jamais ce qu’on y écoute, dans ces fameuses soirées. Mais comme je suis un gentil garçon absolument partial, je livre ici ma version très biaisée des faits. And the future goes pop :

mardi, juillet 21 2009

A day that I'll never miss

Rheinfelden - Herten, Allemagne, juil. 2009

Evidemment, il y a les bons côtés.

Il y a ces courts instants de magie où on se dit qu’on pourrait difficilement rêver mieux. Ces matins éthérés après une nuit blanche passée à papoter, virtuellement ou non, mais souvent saoul. Où ces soirées euphoriques, musique à fond, en random sur tous les morceaux les plus improbables de la playlist.

Il y a ces après-midi aussi, en mode comédie romantique, avachi sur le canapé, avec un plat de pâtes au fromage, un pot de Macadamia Nut & Cookies et le DVD de Fast and Furious pour plus tard.

Et puis ces weekends précieux où on saute dans un avion sur un coup de tête, juste pour se faire plaisir.

Mais quand même, en moyenne, en médiane ou en dérivée, ca fait un peu chier la vie tout seul.

mercredi, juillet 15 2009

Energizer

Frankfurter Tor, Berlin, Mai 2008

Il y a quelques années de ça, un voisin à qui j’avais confié ma clé de secours m’a sauté dessus aux aurores, hystérique, en essayant de me faire croire que ma chaine jouait en boucle le même morceau de Cavalera depuis trois heures. Et forcément, comme c’était un fan de Deicide et Napalm Death, ça le saoulait un peu toute cette pop molle du genou.

Depuis cette expérience traumatisante, j’ai essayé pas mal de trucs : le simulateur d’aube, les gazouillements d’oiseaux, le combo cafetière + grille pain programmables, et un improbable medley Edith Piaf / Brassens. Mais quelques rendez-vous ratés et un nombre incalculable de cafés froids (pouah) m’ont décidé à revoir mon approche.

Retour à la musique donc, avec un réveil crescendo en sept étapes. Energizer :

lundi, juillet 6 2009

Coup de pression

Londres, Avr. 2009

Il est 7 heures et la salle d’embarquement est pleine. La foule se déplace subtilement vers la porte tout en écoutant distraitement l’hôtesse de la compagnie aérienne. Annonce importante : problèmes techniques … indépendants de la volonté de … – long soupir d’agacement général et quatre heures dans la vue. On gagne un café gratuit, mais on a intérêt à le boire lentement et l’aimer froid et dilué. Et tant pis si on avait prévu de prendre un English Breakfast avec les potes en arrivant.

Cinq heures plus tard, Gatwick Express vers Victoria. Un couple explique au petit dernier que les maisons là ben c’est typique anglais. Qu’il n’en verra jamais comme ça à Marseille. Ni en France. Ou alors peut-être en Alsace. Un SMS m’annonce qu’on viendra me chercher à la gare, puis qu’on ira acheter des huitres, bien que juin ne soit pas un mois en r. Font rien comme nous ces Anglais.

Le train arrive finalement et on n’est pas vraiment en avance sur le planning. On prend donc une bière pour oublier ça, puis un bus. On mate les maillots de bain au passage, parce que c’est important et qu’en plus ils sont rouges. Par miracle, le musée vers lequel on se dirige est toujours ouvert quand on arrive. Sous un panneau géant annonçant “Free admission”, et à côté d’une affichette déclarant “Pay £3 here”, on nous réclame £11. On cède joyeusement à cet accès de grand banditisme doublé de mauvaise foi, mais on se demande un peu plus loin – notamment devant une commode en argent massif incrustée de jade – si on ne pourrait pas rapporter quelques souvenirs.

La décence m’oblige ici à taire les événements qui ont ensuite lieu chez Harrod’s. Sachez tout de même que malgré nos efforts répétés, aucun hélicoptère téléguidé n’a été détruit. Et que de l’éléphant et du zèbre, on ne sait plus bien qui a gagné. Pas Lady Di en tous cas, vu l’horrible shrine (rien à voir avec Tokio Hotel) qu’on lui a dédié.

Mais accélérons un peu, voulez-vous ? 4 pantalons, 3 English breakfast, deux musées et une gueule de bois plus tard… non ça va trop vite, bougez pas, où j’en étais…

Ah oui. C’est le matin, et on fait le pied de grue devant un resto. On crève la dalle alors que des assiettes remplies de bacon, d’oeufs brouillés, de tartines de pain beurré et de beans nous passent sous le nez. C’est probablement là qu’on se fait la réflexion que le Nord et l’Est, c’est pas tout à fait pareil quand même. Ce à quoi l’un de nous répond que bon, ça dépend où t’es situé quoi. On hésite entre l’envoyer petit-déjeuner au pôle nord ou le forcer à nettoyer un appartement entier à l’aspirateur de table (non ami lecteur, il n’y a aucune espèce de private joke sur ce blog. Jamais. C’est pas le genre de la maison).

Finalement repus, notre meute se déplace vers l’écluse de Camden (si vous vous demandiez ce que ‘lock’ voulait dire, maintenant vous savez) (et vous pourrez désormais vous foutre de la gueule de votre pote rasta) (je prévois de longues heures de fou-rire rien que d’y penser). En chemin, quelqu’un fait remarquer qu’il y a des airbags dans les couloirs du London Tube. Vu la foule aux heures de pointe, ça a du sens. Mais vu la fiabilité dudit Tube, ça pourrait aussi bien être des roues de secours.

Plus tard, on règle nos montres sur le méridien de Greenwich (oui oui, /sur/ le méridien) (le seul endroit de Londres où on ne parle pas un mot d’anglais, d’ailleurs) (mais bon, fermons les yeux là-dessus, il sera toujours temps de les rouvrir plus tard). Evénement unique depuis la débâcle d’Henri III à Saintes, il faisait beau ce jour là et on a pris un pousse-couillon sur la Tamise pour se rendre à la Tate Britain.

Et c’est là que je dois arrêter mon récit, cher auditoire. C’est pas que le barbecue dans le jardin ait été désagréable hein. Ni le shopping dans les rues Londoniennes pendant les soldes. Non c’est pas ça.

C’est juste que je ne m’en rappelle pas bien. Trop d’ivresse et de bons moments, pas assez de pages sur mon carnet. Heureusement mon avion au retour était en retard. Ca m’a donné le temps de désaouler avant de rentrer à Berlin.

Veuillez attacher vos ceintures pendant que nous amorçons la descente…