samedi, novembre 28 2009

Nothing can stop me now

Budapest, janvier 2008

– Bon alors, ca donne quoi ce test d’intrusion ?
Je me demande si…
Nan là c’est un peu too much peut-être
Que ferait Barney ?
Ouais non j’ai pas de scaphandre.
– Ben sans surprise, votre site est tout pourri
– Oh ben vous on peut dire que vous êtes direct !
Ça veut dire quoi exactement “bientôt” ?
Étymologiquement parlant s’entend.
Genre 5 heures du matin ? Tu m’étonnes que je dorme pas.
– Oui excusez-moi, c’est pas ce que je voulais dire
C’était un peu trop frontal comme proposition non ?
La vache t’as bafouillé comme un gros teubé un peu
Ça se fait trop pas de couper la parole
C’était censé vouloir dire quelque chose ça ?
– Non mais c’est bien parfois la franchise, ca change.
Attention à force de sous-entendre tu vas finir sourd.
T’as pensé à lever les bras et crier à l’aide ?
Allez quoi, c’est pas le bout du monde quoi.
Bon enfin vas pas te rendre malade non plus.
– C’est vrai vous aimez ?
– J’aime bien oui.
Soyons désinvoltes.
N’ayons l’air de rien.

vendredi, novembre 27 2009

You can be such a tool sometimes

Plage de Trouville, août 2009

Alors donc c’est l’histoire d’un sauvage qui a redécouvert des albums l’année dernière. Les lecteurs attentifs savent lesquels, j’arrête pas d’en citer des bouts. Bon et dans le lot, y’en a un qui fait référence à un certain nombre de jours. Voilà, celui-là. Je me suis latéralement fait quelques aenemis quand j’ai évoqué la possibilité que ca soit l’album du siècle, mais les arguments de la partie adverse m’ont emporté comme une lame de fond depuis.

Bon bref, tout ça pour dire que depuis la résurrection de cet album là dans ma playlist, je me suis mis frénétiquement à compter les jours qui me séparaient de tout et de rien. Les secondes aussi, des fois. Et, plus grave encore, j’ai même créé des scripts python et des alertes dans mon agenda électronique pour ne pas oublier certaines dates marrantes ou marquantes. Comme celle d’aujourd’hui (un cookie à celui ou celle qui trouve).

Évidemment j’avais oublié les rappels SMS à 5 heures du matin.
Évidemment j’avais laissé mon téléphone allumé.
Évidemment ça m’a moyennement fait rire.

Alors je l’ai blogué.
Non mais.

jeudi, novembre 26 2009

Cogito Argot Sum

Coq, Rheinfelden - Herten, Allemagne, juillet 2009

[Certains se sont sentis trahis par la tournure linguistique d’hier. Dont acte.]

– Sauvage, t’as une binette à caler les roues d’un corbillard ce matin.
– À ce point là ? Tu serais pas encore en train de cherrer dans le mastic toi des fois ?
– Nan je te jure, t’as les yeux bordés d’anchois et t’es coiffé à la va comme je te pousse.
– Bon ok je suis un peu dans la résine, mais sa race je me lève quoi !
– Bah, tu sais bien que je suis vicieux comme un cheval borgne, vas pas le prendre de travers non plus.
– Allez je m’doute bien qu’j’ai pas l’air frais ; j’te fais marcher, cresson de pisson.
– Un coup de flotte et tout sera aux petits oignons mon rupin.
– Voilà qu’il me passe la main dans le dos maintenant. Tu me prends vraiment pour un lapin de six semaines…
– Loin de moi l’idée. Cela dit, tu pourrais m’avancer ? Je suis en galère de thunes.
– Même pas en rêve. Bon allez je file, je suis à la bourre encore.
– Déconne pas, je fais comment moi si je veux m’en jeter un petit?
– Tu fais pas, t’as plus qu’à compter les clous de la porte en attendant ce soir. Allez salut!

mercredi, novembre 25 2009

Outta nowhere

Varan, Parc du Lumphini, Bangkok, octobre 2009

Resignation is the little death that brings total obliteration of the mind. Learn German // Oh shit, there’s like a billion new songs in my playlist. Press play // What’s that on the shelf? Oh, my camera. // A hundred pages in a week is not enough. Let’s open that book. Or maybe I should blog about it. // Crap, beer belly. Let’s have Gin & Tonic // Stop chasing ghosts. Zombies are a lot funnier // Weekend. Copenhagen. Soon. Lille. Sooner. Berlin. Two weeks. Paris? Saturday // Real life never follows the script.

Inarticulate thoughts and a playlist. Outta nowhere.

– Mais pourquoi en anglais ?!
– Parce que vraiment l’allemand, c’est pas encore ça.

mardi, novembre 24 2009

Fous ta cagoule

Camera de vidéo-surveillance, Bundestag, Berlin, avril 2009

L’avantage d’être en mission en Suisse, c’est qu’on capte la radio française. Ça me permet de rester un poil au fait de ce qui se passe, notamment dans nos banlieues. Aujourd’hui donc, on pouvait entendre notre représentant suprême parler de non régularisation de sans-papiers, de délinquants (non élus) roulant dans de grosses voitures avec des trucs bling bling, et d’un sujet cher à son compagnon de route Brice : la vidéo-surveillance.

Outre les arguments divers et variés déjà entendus et contrés intelligemment mille fois (on peut avertir un homme mille fois, mais on ne peut pas avertir mille fois…), il y avait de la nouveauté : président agacé, courroucé, tout rouge, a déclaré qu’il en avait assez qu’on méprise et tape sur les fonctionnaires (ceux-là mêmes qui manifestaient contre son gouvernement à quelques rues de là. *douce ironie*), et que tous les inconscients qui s’opposaient encore aux caméras de surveillance iraient expliquer aux profs maltraités comment une bande cagoulée peut rester impunie.

Hein comment ? Les caméras sont indispensables, sinon des gens cagoulés peuvent agir en toute impunité. Là, j’ai eu un moment de doute. J’avais très probablement mal entendu. Heureusement j’étais sur France Info, et j’ai pu réécouter ca pénard au feu suivant.

Eh bien figurez-vous, j’avais bien ouï. Contrairement à ce que vous pourriez penser, bande d’oisifs qui chaque jour sur Internet vous emparez d’une nouvelle affaire Dreyfus, mettre des caméras partout va inciter les délinquants à ôter leur cagoule. D’ailleurs presque plus personne ne se risque à la porter depuis qu’il y a un décret l’interdisant pendant une manifestation. Comme quoi voyez, nos politiques ont de la suite dans les idées.

Bref, frappé par le génie de la tournure, j’ai moi-même pensé à étendre le concept. Voyez donc :

  • Il faut mettre des consoles de jeu à disposition dans tous les CDI, afin d’inciter les collégiens à lire d’avantage.
  • Il faut distribuer plus de sucreries chez les dentistes, pour que les gens aient moins de caries.
  • Il faut supprimer toute référence à l’éducation sexuelle au collège pour que nos adolescents comprennent mieux la sexualité
  • Il faut installer plus de centrales à charbon sur le territoire pour aider à lutter contre le réchauffement climatique
  • Il faut supprimer toutes les élections au suffrage universel pour renforcer la démocratie
  • Il faut afficher des avertissements et des menaces de poursuite au début de chaque DVD acheté légalement afin de bien faire comprendre à leur possesseur que le téléchargement tue l’industrie du disque.
  • Il faut remettre du plomb dans toutes les peintures pour réduire les risques de saturnisme
  • Il faut instaurer une taxe sur tous les véhicules non-polluant pour favoriser le développement des énergies vertes

Des fois je me dis que je préfèrerais être complètement con.
Ou alors habiter dans un pays où je ne comprends rien à ce que les gens disent.

mercredi, novembre 18 2009

Obsessions

Gin & Russian Wild Berry Tonic, Berlin, juillet 2009

J’aime bien être cruel dans mes jugements musicaux. Cruel et tranché. Ça choque parfois les gens, surtout quand je commence à expliquer combien je méprise Gainsbourg, mais ça a le mérite de lancer des débats. Rien de plus ennuyeux que de se caresser le torse en tombant d’accord sur le génie musical (qui de toute façon est représenté par la trinité Homme / Keenan / Patton et le dieu Reznor) (oui il y a au moins deux instances de dieu et alors ?).

Ceci étant dit, je suis très loin d’être imperméable à la nouveauté, et il m’arrive parfois de changer d’avis ; la preuve j’écoute Pink Floyd et Chicago. D’ailleurs, selon la théorie sauvage n°341, il suffit d’écouter en boucle un album qu’on n’aime pas du tout pour finir par l’apprécier (il existe un corolaire pour le reggae, les Beattles, et les trois B, mais nous en reparlerons ultérieurement). Que celui qui n’a jamais écouté Avril Lavigne toute une journée me jette le premier caillou. Ouch. Aïe. Hé ! Stop, ça suffit, j’ai compris !

Bon, mais malgré tout, si on est sérieux deux minutes, quand on n’est pas obligé de se forcer à écouter un CD pour l’aimer, c’est quand même autre chose. Théorie sauvage n°267 : certaines chansons sont tellement bonnes qu’elles te sautent à la figure et te dévorent les tympans au moment où tu appuies sur lecture. T’as beau être chez un client hyper sérieux, habillé en costard et tout, tu peux pas t’empêcher de faire de l’air-guitar sur ton clavier et tordre des fesses sur ton fauteuil en cuir. Certains vont même jusqu’à faire du voice-guitar, tiki-ouaaa-ouah-tiki-ouah-wah-tiki-tiki-tiki. (Bulls on Parade, bande de loutres !)

Si on combine les deux théories, on en arrive à une loi générale, illustrée par le scénario suivant : tu mets le disque dans le lecteur à 14h03, en revenant de chez ton dealer de musique habituel, et là bâm, il est 23h37 et c’est toujours le même disque qui tourne. Pire, t’as fais repeat-1 à 14h05 et t’as écouté qu’une seule chanson depuis (laisse-moi te dire, t’as raté) (ah et y’a ton voisin qui sonne, il commence à criser) (t’as encore poussé le volume à 11).

Cette loi, jeune lecteur (tout le monde est jeune maintenant que je suis vieux, t’entends ?), c’est la loi sauvage n°378, dite de l’obsession compulsive : toute chanson jouée plus de trois fois de suite finira à terme par pourrir tes statistiques last.fm, agacer profondément toute personne se trouvant dans la même pièce que toi, faire fuir l’être aimé, te faire perdre ton travail, faire sortir les mauvais numéros du lotto et faire hurler les loups à la mort.

Et accessoirement, elle finira dans la playlist de la semaine : obsessions

dimanche, novembre 15 2009

30 ans

Teufelsberg, Berlin, juillet 2009

Trente ans et tu regardes le papier peint vieillir
Trente ans et tu veux toujours t’éblouir
Dans des nuits si longues que les jours devaient rétrécir
Trente ans et oui tu ne les as pas vu venir
Trente ans c’est peut-être le moment de s’enfuir

T’étais partant disais-tu dans un sourire
Pour tes trente ans de brûler tes souvenirs
Trente ans ne laisse plus le canapé t’engloutir
Trente ans n’attends plus que l’on vienne t’attendrir
Redeviens touchant comme quand tu voulais tout détruire

C’est entêtant ce temps qui passe sans prévenir
Tant de mésententes et tant de causes perdues
Tant de mésaventures dans de petites préfectures
Tant pis pour les victoires et tant mieux pour les défaites
De toute façon on a toujours l’air aussi bête

mercredi, novembre 11 2009

No strings attached

Lignes à haute tension, autoroute A13, France, août 2009

La semaine dernière j’étais un poil décalé, horairement parlant. Et pas trop d’humeur à me mettre la pression non plus, vingt-quatre heures après mon retour du pays du sourire. Là ça va déjà beaucoup mieux : il fait moins douze, j’ai la crève depuis trois jours, et il reste une feuille sur l’arbre en bas de chez moi.

Bref, tout ça pour dire qu’on va reprendre calmement, avec une petite playlist toute douce : No strings attached

- No strings, no conditions. Just sex. What do you say?
- I can’t stay the night I have a breakfast meeting.