mercredi, août 18 2010

Late Afternoon Idleness

Lumière du soir sur Belleville, Paris, août 2010

Ton regard se perd, tu vises le vide avec détermination. Au loin une porte claque, une voiture cale et l'épicier joue aux dames avec un client. Les mots glissent ; parfois ils sont doux et légers, d'autres fois ils heurtent l'air de plein fouet et explosent en questionnements. Le mois d'août est frais et tu te blottis pour éviter les bourrasques.

Tout est calme, un peu trop peut-être c'est louche. Tu ramènes la couette sur ta poitrine, soupire délicatement. L'horloge avance on dirait. Dans le salon, la chaine murmure un disque de Mogwai. Tu jettes un oeil sur la pile de livres par terre en songeant qu'il te faudra bien un demi-siècle avant d'en arriver à bout.

Il est trop tôt, il est trop tard, la chambre tourne et les ombres dansent sur les murs. T'as les yeux au néant, et à rien d'autre, un vague sourire sur les lèvres et aucune envie de l'en effacer.

Quelque part, un réveil sonne.

Late Afternoon Idleness

mercredi, août 11 2010

Overdrive

Embouteillages, Bangkok, Thailande, octobre 2009

J'ai envie de faire mille choses, de voir du monde, de rouler des centaines de kilomètres sur huit roues, de coder des millions de lignes, de prendre des tonnes de photos, d'écouter de la musique nuit et jour, de partir en vacances et voir la mer, la rade, le port, ce qu'il en reste.

Mais c'est pas simple quand on est coincé dans une chambre d'hôtel avec une connexion internet en carton-pâte, alors je lis le soir et je délie du code la journée, pour compenser.

Overdrive!

mercredi, août 4 2010

Une belle fille comme toi

Ballon "air de Paris", parc André Citroën, Paris, juillet 2010

On vivait chacun à des centaines de kilomètres, soudés par des électrons libres. Et par l'adversité, un peu aussi. On cultivait notre jardin zen et nos névroses, on tournait pas mal en rond en prenant bien garde de ne pas nous regarder trop le nombril. On sautait dans les avions comme dans des flaques et on fermait un peu les yeux aux décollage pour se projeter plus vite vers l'arrivée.

Il nous manquait tous quelque chose bien sûr. Et dès que l'un partait, l'absence des autres lui brûlait un peu la gorge. Mais à deux comme à six, on rêvait en commun et ça nous faisait de jolis sourires. On avait un peu troqué nos carapaces pour de la musique, nos histoires d'amour pour des nuits blanches et une vie confortable pour des métiers usant.

Certains s'en sont allés quand d'autres revenaient, et leurs fils continuent de se croiser et s'entremêler. Malgré les tensions et les trous dans les chaussettes, on continue de tisser. Les notes virevoltent, le code a changé mais il y aura toujours une carapace bleue pour rattraper le premier s'il prend le large.

On vivait chacun à des centaines de kilomètres, comme des électrons libres, et presque rien n'a changé. La vie continue, un peu plus belle, avec eux, avec toi.

Une belle fille comme toi