mercredi, août 24 2016

Big Glass Cases

C’est un texte un peu vieux au sens communément admis sur Internet : il date d’avril. C’est un texte long aussi, très long même, un photo-reportage. Et c’est un texte étranger, qui ne parle pas nécessairement immédiatement à tout le monde. Ça se passe à Napoléon, un village du Dakota du Nord.

Et pourtant c’est un joli texte, qui avec un tout petit effort se transpose facilement. Un texte qui part d’une question simple : comment est-ce que l’apparition d’Internet a changé notre façon d’appréhender le monde ? On y parle pas trop d’Internet pourtant, plutôt de Napoleon et de ses habitants, de ses écoliers surtout. Au cours de ma lecture, j’ai une fois ou deux remplacé Napoleon par le nom de villages français (Le Breuil, La Chapelle Gaudin…), et si on fait abstraction du climat, ça fonctionne assez bien.

Arrivé au terme du voyage, j’ai eu, brièvement, envie de rentrer chez moi. Ce chez moi qui n’existe pas, sur lequel je ne peux pas mettre de nom. Un chez moi tout petit, perdu, calme, ennuyeux souvent. J’ai pensé à mes vieux amis, dispersés dans le monde. J’ai trouvé ça beau, et j’ai eu envie de partager.

We may have occupied the same exact classrooms, memorizing the elements from the same periodic table, but their world is composed of different compounds. Like Holden’s kid sis, Phoebe, they are free radicals, unburdened by the angst of seeing a world outside the glass case they cannot know. When asked about their destiny, both Jaden and Katelyn see the future as the past, bundled up on the prairie, nurturing children who will farm the land of their parents’ parents’ parents.

Unlike me at that age, they have seen outside the glass. They know what’s what. They know who made who. They even have a nice word for their environment — community.

Extrait de l’article “Netflix and Ch-Ch-Chilly” sur Backchannel

jeudi, août 4 2016

Apocalypses

Il y a eu, d’abord ce monde étrange dans lequel l’humanité était confinée à des camps éclairés en permanence, entourés de murs. Une inversion du monde où nous étions ceux qui tentaient de survivre à un prédateur mal défini. Une espèce de surhumains curieusement photosensibles, que nous avions créée malgré nous avant de manquer disparaître. C’était opprimant, parfois, mais touchant, haletant, et ça me changeait des essais et des classiques. Ça s’appelait la trilogie du Passage, et j’attends encore le troisième pour terminer mon périple.

Et puis il y a eu ce huis clos de 144 étages, sous terre. Encore une tentative de survie, mais pas d’autre prédateur que nous-mêmes. Une histoire d’abord dense, construite, qui s’étiole et se délite un peu avec chaque nouveau volume, mais qu’on lit le jour, la nuit, dans le métro, dans la salle de bain, jusqu’à ce qu’on ait le fin mot de l’histoire. Encore une trilogie, celle de Silo.

Dans les deux cas, le style n’a rien d’exceptionnel. Mais c’est probablement pour ça qu’on a du mal à faire une pause. Les personnages sont parfois un peu trop : trop faibles, trop sûrs, trop chanceux, mais on s’y attache immédiatement. Certains stéréotypes perdurent, et rendront sûrement la lecture un peu pénible à nos petits-enfants, mais on trouve au moins deux héroïnes omniprésentes : la première est une guerrière casse-cou, l’autre une mécanicienne de génie. Elles ont une histoire, un futur, s’attachent à des hommes sans qu’ils ne leur volent leur vie ; ce sont de véritables personnes, et ça fait un bien fou.

Comme souvent avec les livres qui me marquent, ces histoires de presque fin du monde continuent bien au delà de la fin du livre. Ça trotte, ça tricote, ça gamberge et ces beaux arcs narratifs se transforment en rêves et rêveries.

Et au final, des rêves et de l’espoir, c’est pas mal comme programme en ce moment non ?