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« C'est quand même pas de ma faute si vous êtes nuls à Tetris... »

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Play it louder

De la musique, des sons et des harmonies au milieu de ma cacophonie.

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I'd rather be

Singe à lunettes, Thailande, octobre 2009

Si l’homme est un loup pour l’homme, la femme est une louve pour la femme. Mais que sont-ils et que sont-elles pour le reste de l’univers ? Non parce que, si on précise, c’est qu’il n’y a pas stricte équivalence et que ça ne fonctionne qu’avec la cible désignée. Soient les hommes et les femmes, respectivement.

Pire que ça : l’homme n’est pas un loup pour la femme. À la rigueur ça pourrait être un porc par moment. Et la femme n’est pas une louve pour l’homme. À la limite ça pourrait être euh, une cochonne ? Y’a comme un pattern là non ?

Bon mais là où du coup ça devient un peu compliqué, c’est quand on met dans la même pièce un loup, un homme, une femme, et une louve. Pire encore, si on ajoute un cochon et une truie. Pourquoi pas un dauphin aussi.

En tous cas si le propre de l’homme c’est de réfléchir, je ne dois pas être très animal. But sometimes I’d rather be

Brunch

Brunch au soleil, Berlin, mai 2008

Y’a des jours comme ça où j’ai juste envie de passer du bon temps autour d’une table avec mes amis. Quand ça me prend en plein milieu de la semaine, je démarre la journée doucement avec un thé à la vanille et un peu de musique.

Mais ne le dites pas à mon double sauvage, ou il va me souffler dans les Brunch.

Seasonal Affective Disorder

Chien reniflant la neige, Berlin, janvier 2010

Ici, la pluie tombe maintenant sur la neige sale. Au lieu de nettoyer les rues elle gèle et forme une carapace luisante. On glisse, on se ramasse. On se pète le dos aussi, parce que pour une fois on ne regardait pas tout à fait ses pieds. Les trains sifflent quand ils démarrent, et leurs vitres crasseuses empêchent la lumière de passer.

Là-bas il neige aussi, au milieu du bruit, mais ça ne tient pas tellement. La chaleur humaine, probablement. Un lapin Nabaztag égrène joyeusement les heures en remuant les oreilles et on met des bouts de vie en carton. Plus loin encore, il fait dix degrés, c’est presque l’été.

Ici il fait froid. Un rayon de lune perce brièvement les nuages. La nuit tombe. Un ange passe.

Seasonal Affective Disorder

L'école du hamburger

Porte de Brandebourg, Berlin, janvier 2009

Voilà le second volet de ma série Teutonique des plaques commencée en octobre. Histoire de montrer que la musique allemande ne se résume pas à Rammstein, Oomph! et Tokio Hotel, on va s’écouter un peu d’indie-pop cette semaine. Les germanophones apprécieront certains des textes, les autres pourront, avec un peu de chance, mettre quelques préjugés au placard.

Tous les groupes qui suivent sont associés de près ou de loin à l‘école de Hambourg, qui est constituée d’un nuage d’artistes indépendants chantant en allemand. Ce mouvement informel est né dans les années 80 et continue de donner des coups de pieds dans la fourmilière musicale outre Rhin. C’est un peu intello, un peu bobo de gauche, complètement indie, et pas toujours de Hambourg. Beaucoup sont ou ont été publiés sur le label allemand L’âge d’Or, mais on s’en fiche un peu.

Genießt die Musik! La teutonique des plaques - Die Hamburger Schule

Laß uns nicht von Sex reden
Du siehst ja, ich weiß gar nicht wie das geht
Ich liebe Dich
Am liebsten nackt

No rest for the wicked

Bungarus Flaviceps, Parc national de Khao Sok, Thaïlande, octobre 2009

– Oh regarde, une luciole !
– Ça change des sangsues. On l’appelle comment ? Bob ?
– Ah non pas Bob, c’est un nom de chèvre.
– Ed ! Ed la LED !
– La DEL.
– Ah non pas de marque hein !
– Tsk, Diode Electro-Luminescente. Donc Adèle plutôt.
– Ah oui c’est joli Adèle
– Sauf qu’elle est encore en vie.
– Et ?
– Et elle est morte Adèle, voyons !
– La vache !…
– Ouais…
– Celle-là même en cherchant bien, elle est pas blogable.
– Chiche.

Moralité même la nuit en plein milieu de la jungle je fais des blagues de merde et je relève des défis. No rest for the wicked.

After the rain

Raft house, Khao Sok, Thailande, octobre 2009

Y’a tellement de neige partout qu’on entend à peine la rumeur de la ville. Comme il fait -16°C dehors aujourd’hui, j’ai sorti mon gros casque pour me protéger les oreilles. Je prendrais bien un bain bouillant. Et une cure de soleil. Même la pluie me manque parfois. Surtout les couleurs qu’elle exacerbe, à vrai dire. Cet univers blanc et terne, c’est un peu triste.

Revenez vite, M. Roy G. Biv !

Is it you and me?

Couple sur les bords de la Tamise, Londres, avril 2009

D’abord y’a eu la fille dans Commando, qui faisait du kung-fu avec son père sur la plage. Et puis Sarah Connor, bien sûr. Suivie de près par Lorna “c’est ma nana”, dans l’arme fatale 3. Il y aurait eu Acid Burn, si j’avais vu Hackers plus jeune. Et Ripley, si j’avais eu le droit. Chaque fois c’est la même chose, vous me mettez un rôle féminin un peu balèze, genre qui te démonte la tête en faisant peu de cas de tes chromosomes, et je ne décollerai pas avant la fin de la séance. Le treillis me semble parfois infiniment plus sexy que la robe de princesse.

Histoire de ne pas réduire tout ça à une bête histoire de fantasme, je pourrais vous expliquer sans trop d’excès de mauvaise foi combien au fond, tous ces rôles sont importants pour faire reculer le sexisme latent. Je pourrais aussi essayer de vous convaincre que Transformers premier du nom était un film fondamentalement féministe (contrairement au second qui n’était qu’une sombre bouse). Parce qu’au fond, en donnant un peu de visibilité à des personnages féminins forts, on pèse brutalement dans une balance complètement pourrie qui penche toujours du même côté.

Jugez un peu : si on vivait dans le monde du cinéma, on serait tous des mecs blancs. Un peu comme à l’assemblée nationale et au sénat, en vrai. Mais en plus jeunes et en plus beaux. Plus cons aussi parfois (salut Damien). Je ne comprends toujours pas comment ni pourquoi, dans notre société complètement mixte, nos super-héros peuvent tous êtres des hommes. Ou alors une paire de seins qui miaule et qui, au fond, est une toute petite chose fragile.

Bref, vous aurez bien compris que tout ça m’agace un poil et que je suis du genre à pousser la parité de toute la force de mes petits bras frêles. Mais comme il est un peu tôt pour débattre trop lourdement de sujets sérieux, on va détendre l’atmosphère en musique.

Is it you and me?

Goose bumps

Rayon de soleil dans les nuages, Walldorf, Allemagne, septembre 2009

L’orage gronde et il faudra bientôt fermer la fenêtre. Pour un instant encore, je profite de l’odeur de la pluie qui s’annonce et du son des arbres qui frissonnent dans le vent. L’automne s’installe, toujours un peu trop vite.

Une porte claque et le ciel s’illumine brièvement. Les premières gouttes résonnent sur les feuilles mortes et je souffle sur le feu. Demain je mettrai mon manteau de pluie et j’irai chercher des champignons. Peut-être des châtaignes, si j’en trouve.

Cohen chante une chanson triste et je me roule en boule sur le canapé.

Goose bumps

What do I care?

Feux d'artifice, Copenhague, décembre 2005

What am I to do with all this silence
Shy away, shy away phantom
Run away, terrified child
Won’t you move away, you fucking tornado
I’m better off without you
Tearing my will down

You, shimmy shook my bone
Leaving me stranded all in love on my own
What do you think of me
Where am I now? Baby where do I sleep
Feel so good but I’m old

So I, I turned around,
Oh little girl, don’t care no more,
I know this for sure,
I’m walking out that door, yeah…

I don’t know if you’re looking for romance or what
Don’t know what you’re looking for
Well I bet that you look good on the dance floor
Dancing to electro-pop like a robot from 1984

she’s electro, electro, electrocute
female daredevil in a tom cat suit

I got it all
Yes it’s true…
So why don’t I get you…

Tight dilema that just got you
Got your legs on two crutches
Facing decision, good starter for derision
Life or work, is life worth it?
Why should I deny and force it?
Because it’s absurd

Brain, walk on by I am not gonna sleep tonight
I’ve got a crush on you my friend
I can’t explain, I can’t explain, no…
Guy I wanna try to tell the secret in my mind
But I’m not sure you’d understand

Standing in the way of control
I’m doing this for you
Because it’s easier to lose
And it’s hard to face the truth

You hobo humpin’ slobo babe
Get it off, get off, get off of me!

Doesn’t really make sense, but what do I care?

So this is the new year?

Agenda, 1er janvier 2010, Berlin, décembre 2009

Dans quarante-huit heures on sera en 2010. Evidemment rien ne changera à minuit pile, si ce n’est nos talons de chèques, mais j’aime bien ce rituel du passage à une nouvelle année.

Parce que même si rien ne bouge vraiment, c’est un chouette moment pour laisser des tas de trucs pourris derrière soi ; un instant idéal pour regarder devant avec un sourire XXL scotché au visage, les yeux rivés sur des paillettes de lumière multicolores jetées à la figure des nuages. Autour de minuit, une poignée de minutes s’écoule où pas grand chose ne compte, où les gens font un peu n’importe quoi sans se soucier de savoir si ça va faire du bruit, choquer, attirer le mauvais oeil ou réchauffer la planète.

Le seul inconvénient que je trouve au nouvel an, c’est que ça tombe en plein hiver dans notre hémisphère. Heureusement, pour compenser les températures qui baissent on peut toujours monter le son.
So This is the New Year?

Everybody put your best suit or dress on
Let’s make believe that we are wealthy for just this once
Lighting firecrackers off on the front lawn
As thirty dialogues bleed into one

Heavy Machinery

Ampli, Paris, décembre 2008

Noël approchant, j’ai pensé qu’il vous faudrait quelque chose de zen pour apprécier la magie de l’instant, les bonnes odeurs de sapin et le feu dans la cheminée. Quelque chose qui vous rendrait tout chose pendant que vous sirotez un chocolat chaud en regardant les flocons tomber dehors.

Et puis tout est allé de travers. Alors que je faisais mes courses pépère comme tant d’autres au même moment, les commerçants ont semble-t-il décidé que passer des chansons de Noël en boucle était une excellente idée. Du coup je me suis mis à acheter des tronçonneuses, des produits chimiques, de longs couteaux et des disques de Britney Spears. Moche.

Du coup je vous ai mijoté une playlist un peu différente, je vous laisse juger sur pièce : Heavy Machinery

Random Noise

Sound!, Tag sur préfa abandonné, Teufelsberg, Berlin, juillet 2009

Franchement, il est temps que cette année 2009 se termine. Je sais bien que ça ne changera pas la face du monde d’incrémenter un bête numéro, mais tout le monde a besoin d’un signal fort, un petit coup de pouce pour mettre plein de choses derrière soi et davantage encore devant.

Ceci étant dit, je ne compte pas attendre le 31 pour mettre fin à la morosité ambiante. Cette semaine, on monte le son d’un cran et on se lâche un peu. Docteur sauvage vous prescrit une bonne dose d’engagement politique, un peu de rêve d’ailleurs, un petit regard derrière pour confirmer qu’on va bien de l’avant, plein d’amour et des grosses guitares.

Random Noise

Post

Pad dessiné à la craie sur un caillou, Møns Klint, Danemark, mai 2008

Post-romantique post-coït
post-opératoire
Postulant, poste à pourvoir

Power On Self-Test.

We're so hip

Capsule et décapsuleur, Francfort, décembre 2009

Aujourd’hui nous allons vous parler de nous (vous lisez un blog après tout), mais à la première personne du pluriel. Parce que comme diraient les autres, je suis deux.

À notre gauche donc, manu, le type qui vous explique que la playlist d’il y a deux semaines était un peu trop mainstream. Nous sommes d’accord avec lui évidemment.

À notre droite, sauvage, qui connait secrètement plein de chansons pop et qui joue à Singstar et Lips. Nous même avons tendance à passer un peu trop de temps à invoquer la pluie dans un micro sans fil à paillettes, le tout sur un morceau d’Avril Lavigne ; on ne lui jettera donc pas le caillou.

C’est pas tous les jours facile de contenir ces deux gars là dans la même enveloppe corporelle. Vous devriez les entendre se chamailler, les snobs of a bitch.

Le pire c’est quand ils doivent vous préparer une nouvelle playlist. Ben oui parce que pensez-donc, qu’est-ce qu’on va faire cette semaine, on leur envoie plutôt du mainstream ou du mainstream ?

Contre toute attente, ils sont une fois de plus tombés d’accord pour vous mijoter un truc classe (comme la moustache) et prétentieux (comme les inrocks) : we’re so hip!

“Not all chemicals are bad. Without chemicals such as hydrogen and oxygen, for example, there would be no way to make water, a vital ingredient in beer.” - Dave Barry

Outta nowhere

Varan, Parc du Lumphini, Bangkok, octobre 2009

Resignation is the little death that brings total obliteration of the mind. Learn German // Oh shit, there’s like a billion new songs in my playlist. Press play // What’s that on the shelf? Oh, my camera. // A hundred pages in a week is not enough. Let’s open that book. Or maybe I should blog about it. // Crap, beer belly. Let’s have Gin & Tonic // Stop chasing ghosts. Zombies are a lot funnier // Weekend. Copenhagen. Soon. Lille. Sooner. Berlin. Two weeks. Paris? Saturday // Real life never follows the script.

Inarticulate thoughts and a playlist. Outta nowhere.

– Mais pourquoi en anglais ?!
– Parce que vraiment l’allemand, c’est pas encore ça.

Obsessions

Gin & Russian Wild Berry Tonic, Berlin, juillet 2009

J’aime bien être cruel dans mes jugements musicaux. Cruel et tranché. Ça choque parfois les gens, surtout quand je commence à expliquer combien je méprise Gainsbourg, mais ça a le mérite de lancer des débats. Rien de plus ennuyeux que de se caresser le torse en tombant d’accord sur le génie musical (qui de toute façon est représenté par la trinité Homme / Keenan / Patton et le dieu Reznor) (oui il y a au moins deux instances de dieu et alors ?).

Ceci étant dit, je suis très loin d’être imperméable à la nouveauté, et il m’arrive parfois de changer d’avis ; la preuve j’écoute Pink Floyd et Chicago. D’ailleurs, selon la théorie sauvage n°341, il suffit d’écouter en boucle un album qu’on n’aime pas du tout pour finir par l’apprécier (il existe un corolaire pour le reggae, les Beattles, et les trois B, mais nous en reparlerons ultérieurement). Que celui qui n’a jamais écouté Avril Lavigne toute une journée me jette le premier caillou. Ouch. Aïe. Hé ! Stop, ça suffit, j’ai compris !

Bon, mais malgré tout, si on est sérieux deux minutes, quand on n’est pas obligé de se forcer à écouter un CD pour l’aimer, c’est quand même autre chose. Théorie sauvage n°267 : certaines chansons sont tellement bonnes qu’elles te sautent à la figure et te dévorent les tympans au moment où tu appuies sur lecture. T’as beau être chez un client hyper sérieux, habillé en costard et tout, tu peux pas t’empêcher de faire de l’air-guitar sur ton clavier et tordre des fesses sur ton fauteuil en cuir. Certains vont même jusqu’à faire du voice-guitar, tiki-ouaaa-ouah-tiki-ouah-wah-tiki-tiki-tiki. (Bulls on Parade, bande de loutres !)

Si on combine les deux théories, on en arrive à une loi générale, illustrée par le scénario suivant : tu mets le disque dans le lecteur à 14h03, en revenant de chez ton dealer de musique habituel, et là bâm, il est 23h37 et c’est toujours le même disque qui tourne. Pire, t’as fais repeat-1 à 14h05 et t’as écouté qu’une seule chanson depuis (laisse-moi te dire, t’as raté) (ah et y’a ton voisin qui sonne, il commence à criser) (t’as encore poussé le volume à 11).

Cette loi, jeune lecteur (tout le monde est jeune maintenant que je suis vieux, t’entends ?), c’est la loi sauvage n°378, dite de l’obsession compulsive : toute chanson jouée plus de trois fois de suite finira à terme par pourrir tes statistiques last.fm, agacer profondément toute personne se trouvant dans la même pièce que toi, faire fuir l’être aimé, te faire perdre ton travail, faire sortir les mauvais numéros du lotto et faire hurler les loups à la mort.

Et accessoirement, elle finira dans la playlist de la semaine : obsessions

No strings attached

Lignes à haute tension, autoroute A13, France, août 2009

La semaine dernière j’étais un poil décalé, horairement parlant. Et pas trop d’humeur à me mettre la pression non plus, vingt-quatre heures après mon retour du pays du sourire. Là ça va déjà beaucoup mieux : il fait moins douze, j’ai la crève depuis trois jours, et il reste une feuille sur l’arbre en bas de chez moi.

Bref, tout ça pour dire qu’on va reprendre calmement, avec une petite playlist toute douce : No strings attached

- No strings, no conditions. Just sex. What do you say?
- I can’t stay the night I have a breakfast meeting.

La teutonique des plaques

Drapeau allemand et fronton du Reichstag, Berlin, avril 2009

Cette semaine on fête halloween. Du coup je me suis dit qu’il était de bon ton de vous faire un petit peu peur. Et quoi de mieux pour ça qu’une playlist tout en allemand, mmh ?

Vous n’êtes pas effrayés ? Ne vous en faites pas, ce n’est que la première d’une série. Mais comme je suis gentil je vous les partagerai au compte goutte, promis.

Allez c’est parti, la terre tremble avec la teutonique des plaques - Neue Deutsche Härte :

- Mais au bout de trois ans à Berlin tu parles un peu allemand quand même ?
- Gar nicht.

Twelve Songs

Coucher de soleil, Ostkreuz, Berlin, octobre 2009

En novembre il pleuvait, et tout le monde était surpris. L’orage grondait encore.
En décembre il souriait, et tout le monde était beau. Paris scintillait dehors.
En janvier il neigeait, et elles ont débarqué. Berlin s’est réchauffée.
En février il essayait, et elles minaudaient. Ailleurs la terre tremblait.
En mars il gelait, mais ça allait. Plus ou moins, à peu près.
En avril il rêvait, et ça le perturbait. Aujourd’hui encore, en vrai.
En mai il faisait beau, et les vacances s’annonçaient. Compte les jours, compte les nuits.
En juin il petit-déjeunait, et il buvait. Pas tous les jours, pas toutes les nuits.
En juillet il faisait chaud, et il bossait. Il était grave en pétard.
En aout il nageait, et ils chantaient. Sourires, caramel salé et Léonard.
En septembre il soufflait, comme un vent frais de fin d’époque.
Octobre déjà, et il contemple un Bouddha, loin là-bas.

Un an. Quatre saisons. Douze chansons.

Shameless

Poitrine ajustable, Berlin, octobre 2009

Trente. Trois-Zéro. Un peu comme en 1998, sauf que ca ne va pas déplacer les foules.

Trente, comme un prénom danois qui fait mal aux molaires quand on le prononce.

Trente. En ville c’est un peu lent, genre on passe devant une école ou une jolie fille.

Trente fois trois-cent-soixante-cinq, environ. 10958 jours, pour être parfaitement exact et un poil agaçant.

Trente ans dans deux jours. Pour marquer le coup j’étais en quête d’un truc spécial, histoire d’avoir vécu un peu avant la date fatidique. Un truc inoubliable, inattendu et un peu sauvage. Alors je suis parti à la conquête de l’Asie, avec juste un sac à dos, une paire de jungle boots et un appareil photo.

Ah et je vous ai mis du Britney Spears dans une playlist. Et ouais. Je suis comme ca moi, shameless.

- Boy don’t try to front, I-I know just-just what you are ah-ah
- Yeah right.