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« C'est quand même pas de ma faute si vous êtes nuls à Tetris... »

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I'd rather be

Singe à lunettes, Thailande, octobre 2009

Si l’homme est un loup pour l’homme, la femme est une louve pour la femme. Mais que sont-ils et que sont-elles pour le reste de l’univers ? Non parce que, si on précise, c’est qu’il n’y a pas stricte équivalence et que ça ne fonctionne qu’avec la cible désignée. Soient les hommes et les femmes, respectivement.

Pire que ça : l’homme n’est pas un loup pour la femme. À la rigueur ça pourrait être un porc par moment. Et la femme n’est pas une louve pour l’homme. À la limite ça pourrait être euh, une cochonne ? Y’a comme un pattern là non ?

Bon mais là où du coup ça devient un peu compliqué, c’est quand on met dans la même pièce un loup, un homme, une femme, et une louve. Pire encore, si on ajoute un cochon et une truie. Pourquoi pas un dauphin aussi.

En tous cas si le propre de l’homme c’est de réfléchir, je ne dois pas être très animal. But sometimes I’d rather be

Brunch

Brunch au soleil, Berlin, mai 2008

Y’a des jours comme ça où j’ai juste envie de passer du bon temps autour d’une table avec mes amis. Quand ça me prend en plein milieu de la semaine, je démarre la journée doucement avec un thé à la vanille et un peu de musique.

Mais ne le dites pas à mon double sauvage, ou il va me souffler dans les Brunch.

Seasonal Affective Disorder

Chien reniflant la neige, Berlin, janvier 2010

Ici, la pluie tombe maintenant sur la neige sale. Au lieu de nettoyer les rues elle gèle et forme une carapace luisante. On glisse, on se ramasse. On se pète le dos aussi, parce que pour une fois on ne regardait pas tout à fait ses pieds. Les trains sifflent quand ils démarrent, et leurs vitres crasseuses empêchent la lumière de passer.

Là-bas il neige aussi, au milieu du bruit, mais ça ne tient pas tellement. La chaleur humaine, probablement. Un lapin Nabaztag égrène joyeusement les heures en remuant les oreilles et on met des bouts de vie en carton. Plus loin encore, il fait dix degrés, c’est presque l’été.

Ici il fait froid. Un rayon de lune perce brièvement les nuages. La nuit tombe. Un ange passe.

Seasonal Affective Disorder

L'école du hamburger

Porte de Brandebourg, Berlin, janvier 2009

Voilà le second volet de ma série Teutonique des plaques commencée en octobre. Histoire de montrer que la musique allemande ne se résume pas à Rammstein, Oomph! et Tokio Hotel, on va s’écouter un peu d’indie-pop cette semaine. Les germanophones apprécieront certains des textes, les autres pourront, avec un peu de chance, mettre quelques préjugés au placard.

Tous les groupes qui suivent sont associés de près ou de loin à l‘école de Hambourg, qui est constituée d’un nuage d’artistes indépendants chantant en allemand. Ce mouvement informel est né dans les années 80 et continue de donner des coups de pieds dans la fourmilière musicale outre Rhin. C’est un peu intello, un peu bobo de gauche, complètement indie, et pas toujours de Hambourg. Beaucoup sont ou ont été publiés sur le label allemand L’âge d’Or, mais on s’en fiche un peu.

Genießt die Musik! La teutonique des plaques - Die Hamburger Schule

Laß uns nicht von Sex reden
Du siehst ja, ich weiß gar nicht wie das geht
Ich liebe Dich
Am liebsten nackt

No rest for the wicked

Bungarus Flaviceps, Parc national de Khao Sok, Thaïlande, octobre 2009

– Oh regarde, une luciole !
– Ça change des sangsues. On l’appelle comment ? Bob ?
– Ah non pas Bob, c’est un nom de chèvre.
– Ed ! Ed la LED !
– La DEL.
– Ah non pas de marque hein !
– Tsk, Diode Electro-Luminescente. Donc Adèle plutôt.
– Ah oui c’est joli Adèle
– Sauf qu’elle est encore en vie.
– Et ?
– Et elle est morte Adèle, voyons !
– La vache !…
– Ouais…
– Celle-là même en cherchant bien, elle est pas blogable.
– Chiche.

Moralité même la nuit en plein milieu de la jungle je fais des blagues de merde et je relève des défis. No rest for the wicked.

After the rain

Raft house, Khao Sok, Thailande, octobre 2009

Y’a tellement de neige partout qu’on entend à peine la rumeur de la ville. Comme il fait -16°C dehors aujourd’hui, j’ai sorti mon gros casque pour me protéger les oreilles. Je prendrais bien un bain bouillant. Et une cure de soleil. Même la pluie me manque parfois. Surtout les couleurs qu’elle exacerbe, à vrai dire. Cet univers blanc et terne, c’est un peu triste.

Revenez vite, M. Roy G. Biv !

La vie rêvée

Silhouette, Roussillon, juillet 2008

J’ai rêvé de toi cette nuit, on était sur Pandore. Pas l’imposture de planète fluorescente non, l’autre, la crasseuse, la poussiéreuse, remplie de chiens enragés, de mercenaires et de bandits hargneux. T’étais belle les cheveux au vent dans le buggy, la main droite sur la mitraillette. Tu gloussais gentiment quand je sursautais, au moindre signe de danger.

On était en sueur sous les soleils, et tu sentais bon. Dans les instants de calme, je fourrais ma tête dans ton cou pour m’étourdir, pour oublier. Le sel sur ta peau dessinait des motifs improbables en se mêlant au sang des skags. À chaque station de ravitaillement, tu changeais quelque chose ; le style de ton pantalon, la couleur de tes cheveux, l’éclat dans tes yeux. Moi je repeignais le buggy, en vert, en bleu, assorti à ton regard pour ne jamais le perdre.

Ils nous sont tombé dessus dans le vieux havre, trop nombreux. Ton rire ponctuait les tirs, une détonation de joie au milieu du vacarme, et les soldats s’affaissaient en silence dans ma lunette pendant que tu soufflais les barricades au lance-roquettes. Un clin d’œil, un sourire, ton débardeur déchiré à l’omoplate, même à genoux dans la boue tu étais sublime. Le son de la tourelle est arrivé bien trop tard ; je t’ai regardée tomber à plat ventre, viser, j’ai senti l’air vibrer quand la fusée est partie, et tout s’est assombri.

Quand j’ai rouvert les yeux il faisait nuit et j’avais quitté Pandore. J’ai posé la main à l’endroit de l’impact. Le vent soufflait toujours et je pensais à toi.

Protohistoire

Quai de la Loire, Paris, août 2009

Ce qui suit est extrait d’un mail que j’ai envoyé en janvier 2000.
Je pense que la personne à qui il était destiné ne l’a pas lu ; en tout cas, je n’ai jamais eu de réponse. Allez comprendre…

J’aurais pu entamer sur une envolée lyrique sur le sens de la vie, mais c’eut été pénible. Je m’en vais donc plutôt résumer mes pensées.

***

Résumer… En anglais, c’est reprendre, réitérer, recommencer. Comme si un résumé pouvait n’être qu’une redite. Mais quoi, pourquoi soudain voir de l’anglais là où le français irait si bien… tout bon professeur mettra en garde ses élèves contre les déviances perverses et les risques engendrés par l’anglicisation et l’internationalisation de notre beau langage. Pourquoi alors m’évertuerais-je à défaire ce qu’ils n’ont de cesse de bâtir en suivant avec une confiance aveugle et une vénération pieuse le sacro saint programme ? Peut-être parce qu’un programme, pour l’informaticien que je suis, n’est qu’une séquence que l’on exécute. Et quelle séquence ne peut être changée ? Quelle vérité dans l’univers est immuable… et pourquoi personne ne comprend ce que je raconte ?
Et pourquoi pourquoi ?
Parce que.

***

- Combien tu mesures ?
- Un mètre soixante-neuf
- Hin hin
- Ah ouais quand même…

***

Je peux, en tout bon sauvage que je suis, assurer que je suis plus noir et plus profond une fois bourré. On dit que certaines personnes sont tellement transparentes qu’on peut lire dans leurs pensées. Chez d’autres on peut lire le plat du jour dans leurs ébats éthyliques. Moi, d’après certains, on peut y lire mes histoires de cul et mes déboires amoureux. Dé-boire, tiens, quelle ironie, mes déboires ne me conduisent-ils pas justement tout droit à la bouteille ?…

***

Aujourd’hui, à je ne sais plus quelle heure et des cacahuètes, A. sonne :
- T’as pas vu M. des fois ? Il parait qu’il a quitté le boulot hyper tôt…
- Non pas vu. Pas pris non plus, mais c’est normal je ne suis pas très gay ces temps-ci…
- Et sinon ça va la vie ?
- Ouais, mon ours perd ses poils mais je lui donne du trichloro-benzoate de bibendum, c’est bon pour les peluches.
- Oh le pauvre. (*smack*)
- Mais euh. Qu’est ce que tu fais avec mon ours !
- Jaloux vas.

***

Quoi le sauvage, t’es triste encore ? Bah non, j’ai juste passé l’après-midi à regarder les anges passer par la fenêtre en cherchant un sens à ma présence dans cette pièce, entre ces quatre murs. J’ai cherché, pas trouvé. Je continue d’admirer les anges, en gardant comme précieux secret qu’un jour, il faudra que je m’en fasse une, d’ange, sinon je ne tiendrai jamais 20 ans de plus.

***

- A-t-on déjà vu une mouche tourner autour de Z. ?
- Non !
- Pourquoi ?
- Parce qu’elles ne sont pas folles !
- Merde ! moi qui croyait qu’une mouche c’était con !
- Ben oui mais pas à ce point là quand même !
- Mais pourquoi tant de haine ?…
- PARCE QUE !

***

Récapitulatif de l’épopée lyrique, ou ce qu’il fallait retenir:

Les chats à poil ras sont moins allergènes que les poissons.

Ou peut être était-ce cela plutôt:

Les oiseaux migrateurs ont un vol particulièrement long ces derniers temps puisqu’ils sont obligés de contourner le pétrole noir et glauque de l’Erika qui n’est désormais plus une princesse mais une catin incarnant la preuve de l’incompétence pestilentielle de dieu à régler les affaires des hommes… et des oiseaux marins. C’est également à cette vieille chanteuse hors mode que l’on doit ce slogan débile : total vous ne viendrez plus chez nous par hasard mais parce que chez nous même le pompiste a un sourire de pétasse et que dans nos chiottes c’est pipe à un franc et pétrole… euh, papier cul à volonté.

***

- Combien tu mesures ?
- Un petit mètre soixante-dix
- Hin hin
- …

***

[Fin des délires sexuels]

[Reprise, c’est ennuyeux sinon]

***

La culotte de cheval est fréquente chez les femmes d’âge mur. La culotte sexy est fréquente dans les phrases du sauvage. J’ignore pourquoi, mais je pressens chez quelques-unes que la culotte sexy leur irait bien, et chez d’autre que la culotte de cheval leur va déjà mal. Mais comme il est mal et mesquin de dire du mal de son prochain, je restreindrai le mal à ceux qui m’en ont fait, et le bien à ceux qui m’en feront.

***

- Regardez moi dans les yeux.
- …
- Dans les yeux bordel !
- …
- Bon ca va. vous pouvez me toucher les seins maintenant ?
- Heu…
- Les seins bon dieu !
- Ah pardon. C’est que vous avez de tellement beaux yeux…

***

Au Canada on ne dit pas shopping mais magasinage. Je vois bien le bon mâle canadien en train de dire : je me suis magasiné une bonnasse ce weekend !

***

Le plaisir, un mot qui m’est resté planté en travers du coeur depuis un certain soir ou je me fis détruire par deux zoulous sur un canapé, surveillés de près par une souris moqueuse à la charmante queue rose.

***

Voilà, en résumé.

Sobrement

River Elbow, Calgary, Canada, janvier 2007

Au fond, moi je ne crois pas qu’il y ait de bonne ou de mauvaise résolution.

Moi, si je devais résumer mes vœux avec vous aujourd’hui, je dirais que c’est d’abord de l’espoir. Des intentions plein la tête, peut-être à un moment où on ne l’a pas tout à fait à ça, où on est un peu seul avec soi-même.

Et c’est assez curieux de se dire qu’au hasard de ses pérégrinations mentales, on peut finir par se forger une ligne de conduite… Parce que quand on a le goût de la parole respectée, de l’honnêteté, de l’intégrité je dirais même, parfois on ne trouve pas l’interlocuteur en face, je dirais, le miroir qui vous aide à avancer.

Alors bon, ce n’est pas mon cas, comme je disais là, puisque moi au contraire, je le peux ; et je dis merci à la nouvelle année, je lui dis merci, je chante la nouvelle année, je danse la nouvelle année… Je ne suis qu’euphorie !

Et finalement, quand beaucoup de gens me disent “mais comment fais-tu pour avoir cet optimisme ?”, je leur réponds très simplement, je leur dis que c’est ce goût du renouveau qui m’a poussé aujourd’hui à entreprendre ce raisonnement intellectuel, mais demain qui sait ? Peut-être seulement à me mettre au service d’idées nouvelles, à faire le don, le don de sa propre volonté…

Périssologie

Haut-Parleur, Berlin-Müggelsee, août 2009

C’est la cinquantième fois que je cherche ce mot dans le dictionnaire. Verhältnismäßigkeit, Putain de principe de relativité. Le pire, c’est que j’en ai une pleine liste, une grosse centaine de termes récurrents qui refusent de s’intégrer à mon vocabulaire. J’ai digéré dix-huit pages, il m’en reste donc deux cent trente-deux. Au rythme où je vais, j’aurai terminé pour les prochaines élections présidentielles.

Gegebenfalls. Le cas échéant, ca peut servir effectivement. Surtout quand il commence une phrase sur dix. Un peu comme Ausschlaggebend, qui malgré son inquiétante succession de consonnes s’avère être prépondérant. Überdurchschnittlichen, supérieur à la moyenne, ca colle la migraine, längerfristig, sur le long terme.

L’idée de ne jamais y arriver me terrifie. Être incapable d’assimiler la nouveauté, d’apprendre, de remodeler mon cerveau petit à petit. Si je suis infoutu aujourd’hui de m’adapter, à quoi vais-je ressembler dans dix ans ? Vais-je finir par rejoindre à la horde d’aigris libidineux et hors d’âge pour qui tout était mieux avant ? Brrr. Je persévère, je me heurte au mur, encore une fois, et je replonge dans mon dictionnaire.

Verpflichtend, contraignant, obligatoire, imposé, Voraussetzung, condition préalable. Leistungsbeurteilung, appréciation, jugement de ta prestation, de ta performance.

Davon ausgehen, partir du principe que.
T’y arriveras jamais.

Is it you and me?

Couple sur les bords de la Tamise, Londres, avril 2009

D’abord y’a eu la fille dans Commando, qui faisait du kung-fu avec son père sur la plage. Et puis Sarah Connor, bien sûr. Suivie de près par Lorna “c’est ma nana”, dans l’arme fatale 3. Il y aurait eu Acid Burn, si j’avais vu Hackers plus jeune. Et Ripley, si j’avais eu le droit. Chaque fois c’est la même chose, vous me mettez un rôle féminin un peu balèze, genre qui te démonte la tête en faisant peu de cas de tes chromosomes, et je ne décollerai pas avant la fin de la séance. Le treillis me semble parfois infiniment plus sexy que la robe de princesse.

Histoire de ne pas réduire tout ça à une bête histoire de fantasme, je pourrais vous expliquer sans trop d’excès de mauvaise foi combien au fond, tous ces rôles sont importants pour faire reculer le sexisme latent. Je pourrais aussi essayer de vous convaincre que Transformers premier du nom était un film fondamentalement féministe (contrairement au second qui n’était qu’une sombre bouse). Parce qu’au fond, en donnant un peu de visibilité à des personnages féminins forts, on pèse brutalement dans une balance complètement pourrie qui penche toujours du même côté.

Jugez un peu : si on vivait dans le monde du cinéma, on serait tous des mecs blancs. Un peu comme à l’assemblée nationale et au sénat, en vrai. Mais en plus jeunes et en plus beaux. Plus cons aussi parfois (salut Damien). Je ne comprends toujours pas comment ni pourquoi, dans notre société complètement mixte, nos super-héros peuvent tous êtres des hommes. Ou alors une paire de seins qui miaule et qui, au fond, est une toute petite chose fragile.

Bref, vous aurez bien compris que tout ça m’agace un poil et que je suis du genre à pousser la parité de toute la force de mes petits bras frêles. Mais comme il est un peu tôt pour débattre trop lourdement de sujets sérieux, on va détendre l’atmosphère en musique.

Is it you and me?

Goose bumps

Rayon de soleil dans les nuages, Walldorf, Allemagne, septembre 2009

L’orage gronde et il faudra bientôt fermer la fenêtre. Pour un instant encore, je profite de l’odeur de la pluie qui s’annonce et du son des arbres qui frissonnent dans le vent. L’automne s’installe, toujours un peu trop vite.

Une porte claque et le ciel s’illumine brièvement. Les premières gouttes résonnent sur les feuilles mortes et je souffle sur le feu. Demain je mettrai mon manteau de pluie et j’irai chercher des champignons. Peut-être des châtaignes, si j’en trouve.

Cohen chante une chanson triste et je me roule en boule sur le canapé.

Goose bumps

Rétrolecture

Armoire électrique, A13, France, août 2009

Réussites:

  • Photographier chaque détail qui m’entoure et réussir à le rendre beau.
    Mention honorable, peut mieux faire
  • Avoir 14 heures de décalage horaire.
    Allez, presque. Mais c’était tout comme.
  • Arrêter de boire.
    Ok mais alors pas plus de trois semaines.
  • Rentrer complètement saoûl bien après le lever du soleil.
    Check.
  • Faire du crowd surfing.
    La foule a surfé sur moi, surtout.
  • Ecouter de la musique trop fort.
    Plus souvent que de raison.
  • Ne pas me lever le matin.
    C’était pas très difficile.
  • Travailler comme un forcené jusqu’à épuisement total.
    J’essaie d’arrêter.
  • Oublier mon ordinateur.
    Trois semaines en Thailande dont 5 jours dans la jungle.
  • Dévaliser un fromager.
    Dévalisé peut-être pas, mais j’ai bien entamé son stock.
  • Lézarder sur une plage les pieds dans une eau à plus de trente degrés.
    Grave.
  • Recommencer à enseigner.
    Allez, j’ai fait un peu de formation. Check.
  • Mépriser ostensiblement les cons.
    Ah ça oui.
  • Changer ma garde-robe.
    Camden, Paris, Berlin, Varsovie, Bâle. Check.
  • Refaire le monde à deux toute la nuit.
    Je ne compte plus les nuits blanches, mais je remets ça quand vous voulez.
  • Passer toute la journée au lit.
    Le même jour où je ne me suis pas levé.
  • Jouer au chat et à la souris.
    Oh là. Oui. Un peu trop même.
  • Manger bio.
    Trop facile.
  • Arriver à me souvenir du nom du film que je viens de voir.
    Parfois ça m’arrive.
  • Crier à pleins poumons.
    Ne serait-ce que le jour où je me suis pris l’orteil dans mon bois de lit.
  • Courir.
    Check.
  • Fuir.
    Evidemment.
  • Aimer.
    Beaucoup, mais très platoniquement.
  • Fantasmer.
    Voir : aimer.
  • M’embraser.
    Voir : fantasmer.

Echecs ou demi-échecs:

  • Boire une bière dans un club de Jazz à New-York.
    Raté.
  • Parler couramment cinq langues.
    Même pas en rêve.
  • Apprendre le russe.
    Voir point précédent.
  • Rouler des heures sans destination précise.
    Je n’ai toujours pas de voiture.
  • Me replonger dans le web.
    Nope.
  • Apprendre à jouer d’un instrument.
    Même pas du pipo.
  • Slalomer en rollers entre les voitures.
    Je ne suis toujours pas réparé.
  • Lire tous mes livres.
    Demain on rase gratis. (ça serait plus facile si j’arrêtais d’en acheter)
  • Acheter tous ceux que je n’ai pas encore.
    Quand j’aurai lu tous les autres.
  • Visiter le Louvre.
    Raté, malgré le temps passé à Paris.
  • Cuisiner toute la journée.
    Peut-être cette année.
  • Aller ramasser des champignons sous la pluie d’automne.
    Y’a eu un automne cette année ?
  • Réciter un poème.
    J’ai toujours une mémoire de loutre neurasthénique.
  • Retourner à l’école.
    Je suis trop vieux pour ces conneries.
  • Ne jamais être méprisant.
    C’est difficile, quand on méprise les cons.
  • Programmer quelque chose d’utile.
    Neurasthénique je vous dit.
  • Faire tomber tous les masques.
    Oui bien sûr. J’assassine mon surmoi et on en reparle.
  • Lire Goethe dans le texte.
    No way.
  • M’expatrier en Amérique du nord et porter fièrement les couleurs de la France.
    Je ne suis plus très sûr d’en avoir envie.
  • Vivre dans un pays chaud.
    Un jour peut-être.
  • Acheter un loft à Paris.
    Quelqu’un aurait un million d’euros à me donner ?
  • M’engager en politique.
    En poli-quoi ?
  • Comprendre le monde qui m’entoure.
    Lire des que sais-je ça compte ?
  • Ne jamais laisser tomber personne.
    Dur dur. Et gros FAIL sur le réveillon.
  • Changer de parfum tous les jours.
    Consolation : j’ai vidé plusieurs flacons.
  • Fermer les yeux et dormir.
    Un jour peut-être. Idéalement une nuit.
  • Oser.
    Non ça vraiment pas.

What do I care?

Feux d'artifice, Copenhague, décembre 2005

What am I to do with all this silence
Shy away, shy away phantom
Run away, terrified child
Won’t you move away, you fucking tornado
I’m better off without you
Tearing my will down

You, shimmy shook my bone
Leaving me stranded all in love on my own
What do you think of me
Where am I now? Baby where do I sleep
Feel so good but I’m old

So I, I turned around,
Oh little girl, don’t care no more,
I know this for sure,
I’m walking out that door, yeah…

I don’t know if you’re looking for romance or what
Don’t know what you’re looking for
Well I bet that you look good on the dance floor
Dancing to electro-pop like a robot from 1984

she’s electro, electro, electrocute
female daredevil in a tom cat suit

I got it all
Yes it’s true…
So why don’t I get you…

Tight dilema that just got you
Got your legs on two crutches
Facing decision, good starter for derision
Life or work, is life worth it?
Why should I deny and force it?
Because it’s absurd

Brain, walk on by I am not gonna sleep tonight
I’ve got a crush on you my friend
I can’t explain, I can’t explain, no…
Guy I wanna try to tell the secret in my mind
But I’m not sure you’d understand

Standing in the way of control
I’m doing this for you
Because it’s easier to lose
And it’s hard to face the truth

You hobo humpin’ slobo babe
Get it off, get off, get off of me!

Doesn’t really make sense, but what do I care?

So this is the new year?

Agenda, 1er janvier 2010, Berlin, décembre 2009

Dans quarante-huit heures on sera en 2010. Evidemment rien ne changera à minuit pile, si ce n’est nos talons de chèques, mais j’aime bien ce rituel du passage à une nouvelle année.

Parce que même si rien ne bouge vraiment, c’est un chouette moment pour laisser des tas de trucs pourris derrière soi ; un instant idéal pour regarder devant avec un sourire XXL scotché au visage, les yeux rivés sur des paillettes de lumière multicolores jetées à la figure des nuages. Autour de minuit, une poignée de minutes s’écoule où pas grand chose ne compte, où les gens font un peu n’importe quoi sans se soucier de savoir si ça va faire du bruit, choquer, attirer le mauvais oeil ou réchauffer la planète.

Le seul inconvénient que je trouve au nouvel an, c’est que ça tombe en plein hiver dans notre hémisphère. Heureusement, pour compenser les températures qui baissent on peut toujours monter le son.
So This is the New Year?

Everybody put your best suit or dress on
Let’s make believe that we are wealthy for just this once
Lighting firecrackers off on the front lawn
As thirty dialogues bleed into one

Fantômnal

Lever de soleil, Surat Thani, Thailande, Octobre 2009

J’ai failli vous parler d’insomnies et de brouillard
De nuits à découper ma vie en toutes petites parts
Vous raconter mes rêves, désosser les cauchemards
Évoquer le vacarme incessant, les échos dans le noir
Les futurs improbables, les présents incertains
Les questions sans réponse au petit matin
Sorties de nulle part pour aller je ne sais où

Confusion complète
Chamade incontrollée
Ne restent que des miettes
Cerveau en purée

Des visages, des figures
Et ces voix qui murmurent
J’ai failli vous dire…
Mais je préfère en rire.

Heavy Machinery

Ampli, Paris, décembre 2008

Noël approchant, j’ai pensé qu’il vous faudrait quelque chose de zen pour apprécier la magie de l’instant, les bonnes odeurs de sapin et le feu dans la cheminée. Quelque chose qui vous rendrait tout chose pendant que vous sirotez un chocolat chaud en regardant les flocons tomber dehors.

Et puis tout est allé de travers. Alors que je faisais mes courses pépère comme tant d’autres au même moment, les commerçants ont semble-t-il décidé que passer des chansons de Noël en boucle était une excellente idée. Du coup je me suis mis à acheter des tronçonneuses, des produits chimiques, de longs couteaux et des disques de Britney Spears. Moche.

Du coup je vous ai mijoté une playlist un peu différente, je vous laisse juger sur pièce : Heavy Machinery

Gardons figure humaine

Mansuy à la guitare sèche, Starlight à la Bélière, Paris, octobre 2009

Vendredi soir, temps de merde. Ça fait une semaine que je prépare une formation et j’ai atteint un niveau de stress remarquable. Je pensais qu’après quatre ans à donner des cours, j’aurais appris à relativiser : en fait pas du tout, je ne ferme pas l’œil de la nuit. Je suis parti pour passer le weekend, le trajet en avion et la majorité de mes heures de sommeil sur mon sujet.

Mais c’est le début du weekend et j’aimerais bien me changer un peu la tête. Je regarde à tout hasard s’il n’y a pas une soirée Rock AG ce soir là à Berlin, ça fait presqu’un an que je la rate. Et là, je réalise que dans deux heures, Wax Tailor joue à 15 minutes de chez moi, dans l’une des salles que je préfère, une espèce de mini Élysée Montmartre local. Mieux encore, il reste des places. J’avale deux boissons énergétiques et je fonce acheter mon billet.

Le concert commence, monsieur Wax Tailor arrive sur scène accompagné d’une flûtiste et d’un violoncelliste. Deux minutes plus tard l’ambiance est déjà folle. Contrairement à pas mal de concerts électro, c’est une vraie performance scénique, avec de multiples variations par rapport aux albums et un gros boulot de VJ pour compléter la musique. Les guests se succèdent et tous ont une pêche énorme ; Charlotte Savary a une voix irréelle et donne la réplique à un chanteur hip-hop qui met un peu plus le feu à la salle à chaque apparition.

Je suis à trois mètres de la scène, sur un petit nuage, hypnotisé par Ludivine Issambourg et sa flûte traversière. Elle danse, sourit, rayonne et me rappelle un peu Babet qui faisait des prouesses sur son violon tout en pogotant pendant les concerts de Dionysos. Mais ce qui me marque le plus quand je la regarde, c’est sa concentration pendant les morceaux - qui change complètement son visage. Je repense alors au chouette concert de Starlight, en octobre, où déjà j’avais scotché sur les visages de Christelle et Mansuy quand ils jouaient. En les regardant tous, on a l’impression de partager un instant de transe, un moment hors du temps où la musique balaie tout le reste.

Les morceaux s’enchainent à une vitesse déconcertante, on en est déjà au rappel. La salle tape du pied sur le vieux plancher de la salle, façon bien berlinoise de dire “encore”, et tous les corps entrent en résonance. On applaudit de plus belle, crie, siffle, et on repart pour une demi-heure de bonheur en beats.

En sortant il neige. La ville entière dort et je suis très loin d’être couché.
Histoire de tenir le coup, j’achète une boisson sur-caféinée.
L’important c’est de rester positif.
Say Yes!

Random Noise

Sound!, Tag sur préfa abandonné, Teufelsberg, Berlin, juillet 2009

Franchement, il est temps que cette année 2009 se termine. Je sais bien que ça ne changera pas la face du monde d’incrémenter un bête numéro, mais tout le monde a besoin d’un signal fort, un petit coup de pouce pour mettre plein de choses derrière soi et davantage encore devant.

Ceci étant dit, je ne compte pas attendre le 31 pour mettre fin à la morosité ambiante. Cette semaine, on monte le son d’un cran et on se lâche un peu. Docteur sauvage vous prescrit une bonne dose d’engagement politique, un peu de rêve d’ailleurs, un petit regard derrière pour confirmer qu’on va bien de l’avant, plein d’amour et des grosses guitares.

Random Noise

Sur mes lèvres

Atterré, auto-portrait tronqué, Berlin, décembre 2009

Dialogue fictif entre deux jeunes de l’UMP, par shoegoo :

- Hey, si on faisait un lipdub ! ça marche d’enfer, on va trop buzzer !
- Ok ! on va être des vraies stars… Tout le monde va trouver ça super !
- Carrément ! Oh et surtout il nous faut les meilleurs politiques du mouvement. Ceux que toute la France adore !
- Ah ouais trop bien, bouge pas j’appelle Lefebvre et Dati…
- Géniâl !
- Et puis personne ne se foutra de notre gueule au moins.
- Impossible !

Bientôt sur youtube : la bamba triste des jeunesses sarkozistes.

ils nous vendent des idoles, nous voulons des héros, des héros, des héros !