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Il y a 18 ans j’écrivais tout d’un trait, sans trop réfléchir. Ça se ressent beaucoup à la relecture, c’est souvent trivial et difficile à recontextualiser. Malgré tout, j’en retire une certaine valeur, au moins sentimentale. Et ça existe.

Aujourd’hui je n’écris plus et je réfléchis trop avant de taper. Ça se ressent aussi bien sûr, parce que contrairement au vélo, on oublie, on perd, et on se perd. La difficulté première c’est de dégager du temps, bien sûr, de concentrer son attention. J’ai abandonné les réseaux sociaux pour de multiples raisons, mais d’abord pour regagner des heures perdues à scroller indéfiniment et sans but précis. Mais j’y ai au passage perdu quelques étincelles, un peu de motivation. Et ce blog a continué de souffrir de mes dispersions.

Si je ne me résous pas à le tuer, c’est que je continue à aimer ce qu’il y a derrière un blog. La décentralisation, le jaillissement d’idées, la confrontation de points de vues. Le souvenir de très belles rencontres aussi. Et j’aime lire les quelques blogueurs qui restent fidèles. Il ne m’en reste plus beaucoup, mais j’y suis très attaché et leurs textes continuent de me marquer plus que tout ce que je peux glaner ça et là. C’est plus reposant, plus construit, moins énervé ou outré. C’est plus exigeant aussi, parfois. Tristement, la liste est rapide à faire : il me reste matoo, Éric, Tristan et Virgile en français. Et Kottke en anglais, pour faire simple.

Et si le parallèle est un peu douteux, j’aime aussi écouter les gens. J’ai découvert les podcasts par la radio en différé (essentiellement France Inter et France Culture), mais j’y ai depuis retrouvé un peu de l’énergie qui nourrissait la blogosphère il y a 15 ans. Si la radio reste un média redoutablement efficace dans ce format (je pourrais passer des heures à écouter l’émission de Sonia Kronlund, Les Pieds sur terre), c’est également très propice aux rencontres et aux croisements. C’est ainsi que, alors que mon temps de trajet (propice à l’écoute plus qu’à la lecture) a quasiment disparu en un an, la liste des podcasts que je suis n’a fait que s’allonger. Sont ainsi arrivés dans mon univers tous les gens merveilleux de chez Binge Audio, et quelques-uns de Nouvelles Écoutes. Et plus récemment les marseillaises de YESSS et la très éclairante Julie Beauzac (dont le podcast a l’un des noms les plus classe). À mesure que j’écoute les uns et les autres, j’en ajoute plein de nouveaux. Et je suis retombé dans la même difficulté qu’avec tout le reste : dégager du temps pour tout écouter.

On oublie, disais-je, et ça se ressent. C’est compliqué d’articuler tout ça, de faire un texte avec un début, une fin et de la structure. Mais comme ça n’est ni une dissertation, ni une obsession des Jours, tant pis si c’est un peu brouillon. Et espérons que ça soit plus une remise en jambe qu’un énième faux départ.

Commentaires

1. Le lundi, mai 17 2021, 11:52 par Matoo

Il ne faut surtout pas le tuer, cela me navre quand je vois que 90% des liens sortant de mes anciens posts atterrissent sur des 404. :(
Comme toi, les podcasts sont devenus une source précieuse assez équivalente aux blogs, mais les écrits me manquent, et aussi la possibilité de lire en diagonale ou de me mettre de côté un texte pour plus tard (parce que son survol m’aura assez accroché, ce qui n’est pas possible avec l’audio).

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