Couple sur les bords de la Tamise, Londres, avril 2009

D’abord y’a eu la fille dans Commando, qui faisait du kung-fu avec son père sur la plage. Et puis Sarah Connor, bien sûr. Suivie de près par Lorna “c’est ma nana”, dans l’arme fatale 3. Il y aurait eu Acid Burn, si j’avais vu Hackers plus jeune. Et Ripley, si j’avais eu le droit. Chaque fois c’est la même chose, vous me mettez un rôle féminin un peu balèze, genre qui te démonte la tête en faisant peu de cas de tes chromosomes, et je ne décollerai pas avant la fin de la séance. Le treillis me semble parfois infiniment plus sexy que la robe de princesse.

Histoire de ne pas réduire tout ça à une bête histoire de fantasme, je pourrais vous expliquer sans trop d’excès de mauvaise foi combien au fond, tous ces rôles sont importants pour faire reculer le sexisme latent. Je pourrais aussi essayer de vous convaincre que Transformers premier du nom était un film fondamentalement féministe (contrairement au second qui n’était qu’une sombre bouse). Parce qu’au fond, en donnant un peu de visibilité à des personnages féminins forts, on pèse brutalement dans une balance complètement pourrie qui penche toujours du même côté.

Jugez un peu : si on vivait dans le monde du cinéma, on serait tous des mecs blancs. Un peu comme à l’assemblée nationale et au sénat, en vrai. Mais en plus jeunes et en plus beaux. Plus cons aussi parfois (salut Damien). Je ne comprends toujours pas comment ni pourquoi, dans notre société complètement mixte, nos super-héros peuvent tous êtres des hommes. Ou alors une paire de seins qui miaule et qui, au fond, est une toute petite chose fragile.

Bref, vous aurez bien compris que tout ça m’agace un poil et que je suis du genre à pousser la parité de toute la force de mes petits bras frêles. Mais comme il est un peu tôt pour débattre trop lourdement de sujets sérieux, on va détendre l’atmosphère en musique.

Is it you and me?